1994

Due poesie francesi d’Ungaretti

Info/Credits

for:

voice, flute, clarinet, piano, violin and cello

text by:

Giuseppe Ungaretti

duration:

about 7'

first performance:

20.10.94, Paris, Festival d'Automne à Paris, Ensemble Contrechamps, conductor Zolt Nagy

prizes:

1st prize at the 11. Internationalen Kompositionswandtbewerbs/Kompositionsseminars Boswil 1995

publisher:

Ricordi

catalogue number:

136691

recordings:

Parola - Musique Française d’Aujourd’hui

Audio extracts

Ensemble Contrechamps, L. Castellani, E. Pomarico, dur. 3:13, 3:19, commercial CD by MFA-Radio France

1

Introduction

Trois notes

Giuseppe Ungaretti, tiré de Trois notes [Ungaretti entre les langues, Jean-Charles Végliante, éditeur, Italiques, Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris III, 1987]

J’ai attendu votre lever,
et vous baignez enfin de rouge et de bleu
ma main qui se tend.

Ciel, couleurs d’amour,
votre enfant ce matin
tient à la main la plus belle
rose rêvée.

Hymne à la pitié

Giuseppe Ungaretti, tiré de Trois notes [Ungaretti entre les langues, Jean-Charles Végliante, éditeur, Italiques, Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris III, 1987]

Ame, pauvre âme, chair encore vorace
sous le tourment oblique…

Homme, morne univers,
tu crois élargir ton domaine
et sans cesse tes mains ne produisent
que bornes.

Les poèmes de Beckett, Ungaretti et Rilke constituent la première partie d’un cycle pour voix et ensemble instrumental qui m’a été demandé par Contrechamps et le Festival d’Automne à Paris. Il s’agit d’un hommage à la langue française, tous les poèmes étant écrits dans leur version originale en français par des écrivains non français.

Le langage “visible” de ces textes se noue secrètement à un langage-ombre, celui maternel du poète : il serait donc réducteur de parler de traduction, quant à cette démarche oscillante entre le français et une langue autre. Elles sont étroitement liées dans l’imaginaire du poète et se reflètent mutuellement, «le lieu du sens naissant dans l’entre-langue» (Jean-Charles Vegliante).

Situation semblable à celle du compositeur qui met un texte en musique? Attiré par le forces opposées de la musique et de la poésie, il ne peut se limiter à faire passer la parole dans le son. Il doit rassembler l’énergie contradictoire de ces deux domaines qui, chacun se faisant face, réclament leur autonomie.

Stefano Gervasoni, 18.1.1996